Note d’intention de Patrick Colin, metteur en scène :
Avant de parler de Tartuffe, pour moi c’était important de choisir une pièce de Molière, car il reflète l’esprit de compagnie théâtrale dans laquelle je tiens à travailler. J’avais le souhait de créer un pont entre l’écriture Molière et notre siècle. Dans Tartuffe, les problématiques de l’enfermement par les dogmes répondant au communautarisme religieux du XVIIème siècle, ne sont finalement pas si éloignées de celles du XXI ème siècle. Tartuffe vient du peuple, c’est au départ un « va nu pied » qui ne possède rien, et il se confronte directement à la bourgeoisie. C’est ce courage, d’aller jusqu’à se confondre dans une autre catégorie sociale, qui me touche profondément. J’ai voulu monter Tartuffe autrement, en soulignant son audace extraordinaire, plutôt qu’en le condamnant. Je dirais que cette version me donne aussi l’occasion de découvrir Tartuffe avec un second regard. Je peux apercevoir le drame dans cette comédie sociale et profonde, où les personnages qui se retrouvent, nous ressemblent. J’aime l’espace-temps que donne Molière à ses personnages, qui se croisent finalement dans un univers, qui ne reflète pas seulement celui d’hier, mais aussi celui d’aujourd’hui, et peut-être aussi celui de demain.
C’est important pour moi de rencontrer une équipe d’acteurs prêts à fusionner et à se diriger vers un objectif commun de création. Au delà du collectif, j’ai choisi de travailler avec un groupe d’acteurs et de musiciens provenant de quatre nationalités différentes. C’est important pour moi de véhiculer un message universel dans Tartuffe, puisque chaque culture peut se sentir concernée par cette histoire. Pour revenir aussi à la dimension première de vivre ensemble, il me semblait essentiel que chacun des membres de l’équipe dans cette version de Tartuffe apporte un peu de sa culture par son rythme, sa langue, son accent, sa musicalité, pour représenter la diversité du monde actuel dans lequel nous vivons. Cette mixité est sublimée par l’apport de la musique qui se joue en direct par un saziste et flûtiste Syrien et un percussionniste italien. La musique est présente pour faire le lien entre les scènes reprenant la tradition des « entre actes » de Molière. Elle est organique contrairement à une bande son enregistrée qui est figée et agit ainsi directement en continuité pour compléter la respiration des acteurs. Cette musique qui a pour inspiration des sonorités traditionnelles, se mélange à la percussion et crée finalement une sonorité universelle. Aussi ce rapport direct à l’univers en lien avec les astres est représenté dès le départ par la danse du « derviche ». Ce personnage tournant sur lui même en accord avec le son, fait appel à tout ce qui nous dépasse en tant qu’être humain.
Tartuffe création 2018
Il nous ont accueilli en représentations:
Ivry sur Seine au Théâtre Aleph Teatro – janvier 2018
Versailles au Théâtre 3ND – mars 2018
Les répétitions








La préparation



Le spectacle










